Charles Tilly pointe le rôle social des explications que l’on donne à ses interlocuteurs en réponse à la question pourquoi. Dans Why?, il montre comment l’acceptation ou le refus d’une raison ne tient pas tant à son degré de vérité intrinsèque qu’à la nature de la relation qui unit le questionneur et le questionné. On en déduit des principes pour améliorer notre intelligence sociale et nos facultés de communication.

Quelles raisons donnons-nous pour expliquer les choses ou justifier nos actions ? Comme nous l’avons vu précédemment, Charles Tilly distingue quatre catégories :

  • conventions : formules bien connues qui engagent peu l’interlocuteur
  • codes : déclarations standardisées procédant de la connaissance de normes, de règles de fonctionnement et de procédures
  • histoires : récits narratifs simplifiant l’action en la réduisant à un petit nombre d’acteurs et d’interactions
  • exposés techniques : compte-rendus approfondis qui se fondent sur les savoirs spécialisés d’une discipline rigoureuse

Mais pourquoi donnons-nous des raisons ? En plus des fonctions propres à chaque type de réponse, les raisons que nous sommes proposons visent plus largement à :

  • faciliter la communication et permettre aux individus de partager et de s’accorder sur des explications
  • expliquer la logique interne de phénomènes ou de processus (pour les choses) ou justifier l’action, les pratiques ou le comportement (pour les hommes)
  • mais aussi, et c’est la principale thèse de Tilly dans son ouvrage : mener un travail relationnel, c’est-à-dire faire état des relations qui nous unissent aux autres et, le cas échéant, les (re)façonner

Charles, reviens nous faire des Tilly Tilly pour chatouiller notre réflexion !

1. Acceptabilité des raisons et travail relationnel

“[…] people do not give themselves and others reasons because of some universal craving for truth or coherence. They often settle for reasons that are superficial, contradictory, dishonest, or – at least from an observer’s viewpoint – farfetched. Whatever else they are doing when they give reasons, people are clearly negotiating their social lives. They are saying something about relations between themselves and those who hear their reasons. Giver and receiver are confirming, negotiating, or repairing their proper connection.”

Charles Tilly, Why?Princeton University Press, 2006

Au niveau social, une raison est acceptable si elle est appropriée au contexte. Parce qu’on ne se situe pas au niveau rationnel ou logique, précisément, la justesse ne tient pas à la valeur de vérité ou même à la valeur explicative de la raison. Si, soudainement à court d’argent au moment de nous acheter un ticket de bus, nous demandons à un passant s’il n’a pas une petite pièce pour nous dépanner, nous ne nous offusquerons pas du mensonge évident glissé par l’individu (“désolé, j’ai vraiment rien sur moi, là !”) avant qu’il ne nous glisse lui-même entre les doigts. L’homme nous est aussi étranger que nous lui sommes nous-même étranger ; la qualité de notre relation nous indiffère, et nous ne lui en voudrons pas vraiment d’oser nous asséner pareil boniment.

Il en serait tout autrement si nous adressions le même requête à un ami :

– T’as pas un euro pour une clope ? J’ai oublié mon portefeuille à la maison.

– Euh… Ah tiens, moi aussi !

– … Pardon ?

On recroise par hasard un vieux camarade et, parlant plus vite qu’on ne réfléchit, pris par la surprise, on se retrouve à l’inviter à la grosse soirée qu’on a prévu pour le samedi suivant. “J’essaierai de passer”, qu’il nous rétorque. On sait aussi bien que lui qu’il ne passera pas, mais chacun a tenu son rôle et son rang en jouant la comédie.

On a vécu six mois à l’étranger. On s’est fait des tas d’amis, et encore plus de vagues connaissances. Qui se sentent quand même obligées de lancer, au moment des aurevoirs : “faut qu’on reste en contact !”. On ne restera pas en contact.

Sauf à vouloir leur déclarer la guerre. Loki, le mauvais esprit, vous conseille l’attitude suivante (si vous voulez vous faire des ennemis, ou du moins choquer les gens) : répliquer comme si vous preniez au premier degré ce que l’on ne vous répond que par politesse. S’arrêter à la valeur littérale des formules, comme si vous les considériez sérieusement. C’est proprement déstabilisant, d’une grande violence symbolique :

– Pourquoi t’es pas venu ?

– Euh, je… Ah, salut, Loki ! A ta fête ? Ah oui désolé, c’est vrai, j’avais pas mal de trucs en tête dans la semaine, j’ai dû oublier.

– Pourtant tu as répondu à mon mail de rappel que je t’avais envoyé le matin même.

– Hein ? Non mais désolé, c’est que j’avais des trucs à faire… J’ai terminé tard, du coup j’ai eu peur de déranger.

– Je t’avais dit qu’on ferait la java toute la nuit, tu aurais pu passer à n’importe quelle heure.

– Ouais… Mais j’étais fatigué… Et je devais me lever tôt.

– Un dimanche ?

(Loki ne laisse pas de répit ! Pour répondre à un tel antisocial cherchant à vous pousser dans vos retranchements, réagissez comme lui : tenez votre ligne. Ne vous embourbez pas dans vos exagérations. Et puis soyez franc, honnête et direct, vous gagnerez du temps – mais ça, c’est un conseil d’Hannibal 😉 !)

Nous pouvons nous sentir plus à l’aise avec un certain type de raison, et préférer ceux qui y recourent ; nous pouvons honnir un certain type de raison, et rejeter ceux qui en font le commerce. Lord Tesla, par exemple, a beaucoup de mal avec ceux qui usent massivement des histoires et des codes, ceux qui privilégient l’émotion et l’obéissance aveugle aux règles au détriment de la réflexion rationnelle. Ainsi voit-il la Bible d’un mauvais œil, parce qu’il se refuse à accepter qu’on puisse baser tout un système de morale et de pensée sur un monde clos de croyances auto-alimentées, vendues sous la forme de paraboles et de principes à respecter, comme s’ils étaient l’alpha et l’oméga de la vie humaine. Lui est très attaché à la vérité.

Or, les explications que nous donnons ne dépendent pas tant de nos véritables raisons que de la conversation et de la circonstance sociale dans lesquelles notre réponse est sollicitée. Lorsque nous avons des raisons à offrir, nous tentons de les faire correspondre au contexte ; quand, à l’inverse, nous souhaitons en recevoir, c’est également notre relation à l’interlocuteur qui commandera notre acceptation ou non des raisons qu’il nous propose.

Tilly affirme ainsi que les raisons définissent ou redéfinissent les relations sociales pour les distinguer d’autres relations avec lesquelles il serait risqué, coûteux ou embarrassant de les confondre. Les explications peuvent effectuer différents types de “travail relationnel” :

  • Confirmer ou refléter une relation existante : le pénitent accepte l’interprétation de ses péchés par le prêtre, et les règles de bonne conduite qu’il lui inculque (des codes)
  • Créer ou établir une nouvelle relation : en expliquant l’objet de son appel (histoire), l’intervieweur soucieux de connaître votre avis sur la place du jambon-beurre dans le patrimoine culturel français définit les rôles dans le cadre de l’échange téléphonique
  • Négocier une définition commune de la relation : en affichant au mur la kyrielle des diplômes que lui ont accordés d’obscurs instituts de voyance et autres associations de divination (exposé technique), le médium cherche à établir son autorité pour imposer le respect et vous inciter à la compliance
  • Nier, rompre ou terminer une relation : “je suis peut-être ton ami, mais je suis flic avant tout, et c’est la loi !” (code)
  • Réparer une relation endommagée : excuses consenties sous la forme d’une histoire sincère (“je  m’en veux d’avoir ressenti ce plaisir jouissif de pousser le champignon au moment où ton chat traversait la rue…”)

Comment s’opère alors le choix des raisons à donner ? On observe une corrélation négative entre la valeur explicative d’une raison et la distance ou le degré d’inégalité  entre l’offreur et le receveur :

  • Lorsque ceux dont on attend des justifications sont en position de pouvoir, ils tendent à se contenter de formules (“je suis responsable, mais pas coupable”) ; quant à l’employé du service administratif que vous avez au bout du fil, il vous expliquera benoîtement que, tant que vous n’aurez pas rempli le fameux formulaire A38, il ne pourra absolument rien pour vous
  • A l’inverse, votre position inférieure d’employé mal payé vous astreint à trouver meilleure explication que “l’erreur est humaine” pour satisfaire l’irascible patron qui essaye de comprendre comment vous avez pu oublier un zéro sur le contrat signé avec le client ; de même, votre partenaire attendra de votre relation d’intimité des échanges plus approfondis que ceux proposés par les formules

Attention, car l’implication fonctionne aussi en sens inverse : ceux qui prétendent à la supériorité et cherchent à asseoir leur autorité pour vous forcer au respect privilégient les formules (“c’est moi qui commande !”).

On remarquera aussi que la corrélation entre distance et qualité explicative des raisons permet de suivre l’évolution d’une relation : lorsque, par un lent glissement, “je fais ce que je veux, d’abord” commence à prendre le pas sur “laisse-moi t’expliquer calmement”, cela n’augure rien de bon dans la relation de couple… (Qui se conclura probablement sur un “c’est pas toi, c’est moi”)

2. Le triangle relations-raisons-pratiques

Tilly établit donc une équivalence entre relations et raisons :

  • les raisons que nous donnons dépendent des relations et du contexte
  • les raisons que nous donnons influent sur nos relations

L’auteur invoque alors une autre notion, en lien étroit avec les deux précédentes : les pratiques. En même temps qu’elles (re)définissent une relation, les raisons permettent la négociation des pratiques autorisées par la relation : elles justifient des actes ou comportements incompatibles avec d’autres types de raison et/ou de définition de la relation. Bref, raisons, relations et pratiques s’alignent.

Pour ceux qui auraient oublié ce qu'est un triangle...

Par exemple, une (idée de la) relation implique une conception de la façon jugée adéquate de communiquer, échanger et donner des raisons, c’est-à-dire une idée des pratiques et comportements à justifier, et des explications acceptables (en fonction des rôles attachés aux types de raison). Un grand classique, source infinie de querelles au cours des siècles, et matière à d’innombrables pièces de café-théâtre :

Loi implicite : Relation de couple (implique) Fidélité (implique) Justifier les coucheries avec d’autres partenaires,

où les raisons acceptées pour ces justifications doivent être des histoires (et en aucun cas des codes, genre “bah, tu sais, la chair est faible”)

De même, le choix d’une raison exprime une idée de la relation, qui conditionne les pratiques acceptables :

Ecoute, j’ai fait ça parce que j’étais bourré et que j’en avais très envie, donc pour moi c’était une histoire sans lendemain, et c’est inutile de m’en vouloir d’être rentré chez moi avant même que tu ne te réveilles

Dès qu’on nous demande de nous expliquer, le simple fait de donner une raison nous conduit nécessairement à traduire notre interprétation de la relation en jeu.

3. La contestation des raisons et des relations

Or toutes les explications ne sont pas acceptées. Le triangle relations-raisons-pratiques éclaire dans quels cas on est amené à contester les raisons proposées :

  • Désaccord sur la nature de la relation : “ce n’est pas ce que j’attends de toi” (les banques sont-elles des entreprises capitalistes comme les autres, dont le seul but est de faire du profit, indépendamment des besoins de leur client, ou ont-elles pour mission de participer à la croissance du territoire en drainant l’épargne des particuliers vers les projets d’investissements constructifs, respectueux des hommes et de l’environnement, et propres à consolider le vivre-ensemble ?)
  • Désaccord sur les pratiques permises dans le cadre de la relation, que l’on juge certains comportements non admissibles de la part de l’autre (“tu ne peux pas aller t’enfermer dans une grotte juste parce que nous avons eu un désaccord sur le programme télé à regarder ce soir”) ou absolument inacceptables (“que ce soit légal ou non, ce que vous avez fait, monsieur le ministre, est complètement immoral !”)
  • Désaccord sur le type de raisons à donner : des dialogues de sourds s’engagent dès lors que les interlocuteurs restent bloqués sur un affrontement de raisons appartenant à des types différents (scientifiques ne jurant que par les exposés techniques validés par la méthode scientifique vs. religieux appelant les croyants à se conformer à des codes, “truthers” du 11 septembre opposant aux bêtes formules “il faut mener la guerre contre le terrorisme” des rapports incroyablement fouillés sur l’ “impossibilité” de l’effondrement des tours jumelles conformément à la version officielle…)

La grosse commission a débouché sur un bon gros rapport

Les controverses seront d’autant plus vives que la relation entre les parties au conflit est intense, et que l’une d’entre elle considère qu’elle a quelque chose à perdre à reconnaître la nature de la relation. Par-delà les arguments rationnels et logiques mis en avant par les Indignés, les 99% et les altermondialistes, la lutte à laquelle ils prennent part s’explique ouvertement par leur refus de cette situation de soumission à laquelle nous confine le capitalisme financier mondialisé : ils refusent de placer leur futur entre les mains de gouvernants claniques validant la supériorité de l’économique sur le politique, ils refusent de voir leur niveau de vie dépendre de décisions prises au sein d’un système opaque par des individus non comptables de leurs actes devant le peuple, ils refusent d’être esclaves de l’argent et des banques.

A moindre échelle, on peut avoir des difficultés à trouver le ton juste en cas de conflit sur la relation à prendre en compte. Pour expliquer à ses (grands-)parents pourquoi l’ordinateur ne réagit pas comme ils le souhaitent, faut-il s’engager dans un long exposé technique ou ficeler une histoire aisément compréhensible ? Quand on doit s’expliquer face à un(e) très bon(ne) ami(e) accompagné(e) d’un(e) parfait(e) inconnu(e), faut-il plonger dans les détails pour satisfaire notre camarade, ou rester sobre pour ne pas embarrasser l’intrus(e) ? Parce que, dans l’autre sens, lorsqu’un individu que l’on connaît trop peu développe des explications alambiquées, on se sent facilement gêné :

– Et donc, vous aussi, vous avez été invité à cette soirée par Loki ?

– Oui, en fait pour être plus précis je suis l’un de ses amis d’enfance, et on s’était pas vu depuis au moins 15 ans ; je crois que la dernière fois ça devait être à la piscine des Galets ronds, où nous allions tous les mardis soirs après la classe de Mme Martinet. Nous vivions dans le même village parce que mon arrière-grand-oncle, qui connaît bien son grand-père, d’ailleurs, dont il avait le même goût pour les pipes en bois, était rentré de la guerre avec dans l’idée de […]

 

Conclusion et recommandations (what to do about it?)

  • Types de raison : Charles Tilly distingue quatre catégories de raisons, divisées en deux types de formule (conventions et codes) et deux types d’explication causale (histoires et exposés techniques)
  • Acceptabilité : ce n’est pas la vérité qui détermine les raisons que nous offrons mais le contexte social dans lequel elles sont sollicitées
  • Travail relationnel : les raisons définissent ou redéfinissent les relations sociales entre interlocuteurs en leur permettant de créer, confirmer, terminer ou réparer les liens qui les unissent
  • Triangle relations-raisons-pratiques : l’intelligence sociale inclut la capacité à donner des raisons acceptables, ce qui implique de prendre en compte la nature de la relation qui nous lie à l’interlocuteur et d’élaborer des explications en fonction à la fois de notre degré de distance ou d’inégalité, des pratiques permises dans le cadre de la relation et du rôle attribué à chacun des types de raison
  • Conflits : l’incapacité à s’accorder peut tenir à un conflit sur le type de raison acceptable, sur la nature de la relation ou sur les pratiques que permet la relation

Capitaine Hannibal pense avoir tout compris ; à lui d’entrer en jeu pour proposer quelques conseils pratiques à retenir :

a) Pour résoudre et prévenir les conflits

  1. S’assurer d’être en accord sur la nature de la relation, les pratiques à justifier et le rôle des différents types de raison
  2. Décider de ses propres raisons en conséquence et/ou être plus réceptif aux raisons proposées par les autres

Pour déterminer quand et comment donner des raisons, il faut essayer de se mettre à la place de l’interlocuteur :

  • Déterminer à quelle relation il s’attend, ou ce qu’on peut lui imposer
  • Cerner les pratiques qui sont permises dans la relation, et celles à justifier
  • Comprendre la perception qu’aura l’interlocuteur de chaque type de raison

Par exemple, une raison fausse ou bête peut tout à fait suffire si le lien faible qu’elle implique est accepté par l’interlocuteur !

b) Pour passer à l’offensive et obtenir davantage d’un interlocuteur

  • Pour mettre à bas les raisons qu’on vous oppose, dénoncez la relation qui vous lie, ou montrez que vous ne la voyez pas comme votre interlocuteur
  • A l’inverse, pour remettre en cause la relation, et lutter contre l’ascendant ou la distance dont il souhaite profiter, contestez les raisons qu’il vous oppose

Au lieu de dénoncer frontalement la relation, et la façon dont votre interlocuteur l’exploite, vous pouvez en effet le défier plus subtilement en contestant les raisons qu’il vous offre. Ceux qui comptent sur votre docilité privilégient les formules ; ne vous laissez pas faire : exigez des raisons plus approfondies.

  • Face aux conventions : exprimez votre scepticisme quant à la formule proposée, et demandez plus de détails sur le comment et le pourquoi de la situation
  • Face aux codes : efforcez-vous de saisir la logique du code, et démontrez les erreurs que votre opposant a commises en l’employant

Et n’hésitez pas à nous faire part des progrès que vous aurez accomplis en déployant ces techniques 🙂 !

Pour aller plus loin :

  • Le livre Why? de Charles Tilly lui-même
  • Pour les fainéants, la version courte : Charles Tilly – Why (and How) Things Happen, compte-rendu d’une conférence donnée à Londres en 2005
  • Et pour les vraies grosses feignasses, une version encore plus concise de sa thèse est présentée dans un intéressant article d’avril 2006 de Malcolm Gladwell, écrivain et journaliste au New Yorker – et lui-même décrit comme un “master storyteller” dans le cadre de sa participation à TED la plus récente

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2 réactions à l'article « Raison sociale ? »

  1. David a écrit :

    Merci pour cet exposé des idées de Tilly.
    La partie sur la relation entre le langage (ou les formules) comme codes de relations sociales pré-établies m’a fait pensé au livre de Steven Pinker “The Stuff of Thought: Language as a Window into Human Nature ” et à ces idées.

    Comme j’aime beaucoup cette idée, je me permets une recommandation simple pour ceux qui aiment la version courte avec des images:

    http://www.youtube.com/watch?v=3-son3EJTrU

    Et une version plus longue pour ceux qui auraient accroché sur la première vidéo,

    http://www.youtube.com/watch?v=5S1d3cNge24&feature=watch_response

    Merci

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  2. Émy a écrit :

    Et y’a rien pour les méga-feignasses intergalactiques qui voudraient lire le livre ou une version courte en français ?

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