2016 nous aura permis d’obtenir une réponse à la question posée dans notre dernière série d’articles : c’était NON. Non, la vérité n’intéresse plus personne. Ou disons, plus rigoureusement, qu’il existe suffisamment d’individus prêts à passer outre les mensonges pour que ceux d’entre nous qui s’intéressent encore à la vérité, notamment dans le but de prendre de bonnes décisions, soient contraints de vivre sous la coupe de l’irrationalité et des croyances des autres. Comment fonctionne cette dynamique de post-vérité, et peut-on y résister ?

La raison du plus fort

La raison du plus fort

Ainsi en fut-il en 2016 : le terme de “post-vérité” (post-truth) a été sacré mot de l’année, largement favorisé en cela par les résultats inattendus de deux votes populaires massifs (référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne en juin, et élections présidentielles états-uniennes en novembre). Pendant ces deux campagnes, le torrent de mensonges vomis par les futurs vainqueurs et leurs soutiens aura effectivement encouragé, à l’heure de la prise de décision individuelle de millions de votants, des réactions émotionnelles et l’affirmation d’opinions personnelles au détriment de la considération pour l’objectivité des faits.

(Attention : il ne s’agit pas ici d’expliquer le vote des uns ou des autres, ou bien de faire passer l’idée que seule la croyance aveugle à des mensonges a pu décider du choix de placer un certain bulletin dans l’urne, mais d’insister (a) sur la dimension émotionnelle – plutôt que rationnelle – et personnelle que peut revêtir un vote dans un sens ou dans l’autre, à titre individuel, et, (b) à titre collectif, sur le climat instauré par la répétition éhontée de mensonges avérés, faciles à éventer.)

De nombreux auteurs critiquent le concept de post-vérité, jugeant qu’il n’est pas si récent (Wikipedia le fait remonter à la fable des armes de destruction massive irakiennes, sommet il est vrai dans l’art du mensonge politique) et qu’il décrit de toute façon une réalité qui n’a rien de nouveau : historiquement, on peine à trouver un seul homme politique ne s’étant pas un peu arrangé avec les chiffres ou la réalité des faits pour faire passer ses idées.

Le phénomène semble avoir marqué les esprits cette année pour plusieurs raisons :

  • Les résultats de deux votes populaires déterminants étaient totalement inattendus pour les élites (et non anticipés par les instituts de sondage, de quoi conforter l’idée de certains que les sondages et les études politiques ne font justement que servir l’intérêt de l’establishment), et ce dans un contexte où, contrairement au vote de 2005 sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe, qui avait également ébranlé les élites, la campagne des futurs vainqueurs a été marquée par les accusations de mensonge…
  • Mensonges évidents, immédiatement vérifiables (les journaux manquaient de pages pour lister ceux de Trump)… ou bien propositions tellement irréalistes que les vainqueurs se sont empressés d’en diminuer la portée ou de revenir sur leur parole une fois le vote passé (cf. l’affaire des 350 millions de livres du NHS au Royaume-Uni)
  • Internet n’avait jamais autant pullulé, en temps de campagne, de sources d’information bidon, la désinformation alimentant des bulles dans laquelle les convaincus se renforçaient dans leurs convictions au lieu d’aller confronter l’information hors de leurs cercles (après l’élection de Trump, les réseaux sociaux en ont d’ailleurs pris pour leur grade…)
Moi je suis plus malin que vous

Moi je suis plus malin que vous

Pour que la dynamique fonctionne, pour que la désinformation mène effectivement un groupe d’individus à prendre de mauvaises décisions, il faut au moins deux éléments :

  • Des preneurs de décision incapables de distinguer le vrai du faux, ou qui n’en ont cure, ou en tout cas y accordent moins d’importance qu’à leurs croyances et leurs opinions, bref des gens sur qui le mensonge va opérer, la conviction remplaçant l’exigence de vérité
  • Des mensonges, des contre-vérités, de ces fameux “faits alternatifs” tant vantés par l’équipe Trump (et George Orwell de s’en retourner dans sa tombe), des approximations, des erreurs… Bref, de la propagande ne s’encombrant pas de la réalité

Décortiquons un peu plus ces deux dimensions. En notant bien que – autant insister sur ce point une fois de plus – l’idée n’est pas ici de dire qu’être victime des mensonges est la seule explication possible pour expliquer certains votes. Nous ne nous intéressons qu’à l’efficacité de la désinformation dans l’absolu – sur qui elle marche, et comment.

1. La revanche des imbéciles

D’un côté, sur qui agit la désinformation ? Sur des idiots utiles (utiles aux acteurs de la désinformation, s’entend). C’est-à-dire des “imbéciles” servant les intérêts d’autres acteurs, sans forcément s’en rendre compte, et sans comprendre que leurs actions vont parfois à l’encontre de leurs propres intérêts. La notion d’idiot ou d’imbécile, ici, n’est pas péjorative ; elle décrit un comportement plutôt qu’un “être” ou une “essence” : s’il faut bien un imbécile pour faire le jeu des menteurs, nous distinguons l’ “imbécile foncier”, fermé à toute forme de rationalité, de l’ “imbécile en nous” – car oui, nous partirons de l’hypothèse que nous avons tous un imbécile en nous !

Cette figure de l’imbécile en nous est très bien cernée par Michael Moore dans cet article prémonitoire où il annonçait la victoire de Trump. Il décrivait dès l’été l'”effet Jesse Ventura”, qui pourrait amener des électeurs, dans le secret de l’isoloir, à vouloir agir par malice, juste parce qu’ils le peuvent, parce qu’ils en ont les moyens, parce que personne ne peut les voir et qu’ils s’imaginent ainsi pouvoir jouer un tour pendable à ceux dont ils s’estiment les victimes… Le réalisateur compare ce comportement à cette envie qui nous saisit parfois, lorsqu’on est au bord d’un gouffre, de sauter dans le vide, juste pour voir.

Idiocracy - Affiche

L’année du fuck

À l’abri dans l’isoloir, dans ce dernier espace de liberté où les systèmes de contrôle et de surveillance n’ont pu pénétrer, le votant peut, sans risque, sans scrupule, sans culpabilité, car sans avoir l’impression d’être responsable de quoi que ce soit (puisque son vote, après tout, n’est qu’un parmi des millions, donc n’influe en rien sur le total), adresser à ceux dont il se plaint un fantastique doigt d’honneur, se dire qu’il va déranger les bien-pensants, ceux qui voudraient lui dicter sa conduite, et bouleverser le statu quo (qui lui est “forcément” défavorable, bien sûr…) en donnant un grand coup de pied dans la fourmilière.

C’est en quelque sorte une réaction d’enfant gâté, de privilégié qui ne se rend pas nécessairement compte de la chance qu’il a. De même que tous ces individus de pays développés prompts à rejeter les vaccins, incapables de se rendre compte de l’apport de la vaccination au quotidien – justement parce que les maladies concernées ont été éradiquées de leur quotidien -, le système en place n’est pas considéré comme un aboutissement historique, dans une approche d’essai-erreur, mais comme un système parmi tant d’autres, et le vote est donc un joujou avec lequel on peut s’encanailler et jouer à se faire peur – “mais qu’y a-t-il donc de l’autre côté de la barrière ?”

C’est de l’inculture pure et simple. L’ignorance de ce que serait la situation SANS (sans un ordre social fondé sur un idéal démocratique, sans les vaccins, etc.), par ignorance de ce qu’était la situation AVANT (il suffit pourtant d’ouvrir des livres d’histoire, sans oublier bien sûr de confronter les sources). En application directe de l’effet Dunning-Kruger, l’ignorant ne sait même pas qu’il ne sait pas.

Dunning-Kruger Effect

“Puisque je te dis que l’énergie infinie, c’est possible !”

Cette paresse intellectuelle, cette complaisance dans ses propres émotions et ses propres opinions, sans volonté de s’ouvrir à d’autres sources d’information ou de réflexion, s’étend à d’autres champs. Car qui est cet “Autre” que l’imbécile veut punir ? Qui sont donc ces individus dont il s’estime victime ? Qui entend-il faire payer ? Quel tenant de quel type d’ordre établi veut-il bousculer ?

Il y a bien sûr la figure de l’establishment, de l’élite, des riches et des puissants, bref de tous ces gens qui doivent bien s’engraisser sur mon dos, vu que je bosse et eux je sais pas mais en tout cas ils ont plus d’argent et de pouvoir que moi. Ils ont la vie plus facile que moi, c’est sûr. Ils profitent plus de toutes ces choses que moi : la mondialisation, la répartition internationale du travail, les impôts, tout ça.

Et il y en a d’autres aussi qui manifestement bénéficient plus de mon labeur que moi ! Tous ces gens que je ne vois pas travailler, qui touchent des aides (j’imagine, hein), tous ces assistés qui vivent aux crochets de la société et tètent aux mamelles de l’État-Providence. C’est pour ça que je trime tant que ça : pour financer leur paresse et leur oisiveté. Je touche moins les dividendes du progrès qu’eux. Ils ne le méritent pas. C’est moi qui le mérite. (Témoignage fictif, évidemment, mais basé sur un grand nombre d’articles lus, notamment sur le vote Trump aux États-Unis et le vote FN en France. Des statistiques seraient utiles pour quantifier quelle part d’électeurs adhère à ce genre de représentations, mais elles seront forcément difficiles à obtenir…).

Vous l’aurez compris : cette vision se nourrit d’une figure fantasmée de l’Autre, qui forcément a une vie meilleure que la nôtre, ou bénéficie d’avantages supérieurs aux nôtres, mais en tout cas grâce à nous, c’est sûr ! Nul besoin de demander à un individu professant ce type d’idée de citer l’étude statistique rigoureuse qui lui aura permis de se forger une telle opinion ; tout est de l’ordre de la représentation, basée sur une imagination fertile plus que sur une expérience empirique précise, du même ordre que celle qui nous fait penser que, si tous nos copains mettent des messages et des photos aussi cool sur leur mur Facebook, c’est forcément qu’ils sont plus heureux et qu’ils ont une vie meilleure que la nôtre.

Tout le monde a une vie plus cool sur Facebook

Tout le monde a une vie plus cool sur Facebook

Le refus de considérer objectivement les faits s’exprime ici dans le refus de connaître la vie des autres ; à cette “paresse” reprochée aux assistés répond la paresse intellectuelle de celui qui s’imagine, sans preuves, que l’autre souffre moins ou profite plus, qu’il est somme toute bien mieux loti, qu’il soit immigré, réfugié, fonctionnaire, chômeur… Le manque d’empathie, le manque de curiosité et la frustration vis-à-vis de sa propre situation deviennent des excuses pour dénigrer et attaquer les autres.

Il y a évidemment beaucoup de frustration et d’aigreur dans la volonté de faire du mal à ceux dont on s’estime les victimes, en cachette, avec la lâcheté de celui qui cherche à se venger sans s’exposer. À quel point notre ego se révèle-t-il fragile, lorsque par notre acte de revanche inconsidéré, nous exprimons avant tout un besoin d’attention et de reconnaissance…

Eh oui, la vie est parfois dure. C’est un fait, et chacun est légitime dans sa souffrance. Et on peut justement compter sur un État-Providence, sur le principe, pour essayer via la redistribution des richesses de rééquilibrer la balance. Encore faut-il accepter de regarder avec objectivité la situation de tout le monde, pas seulement la sienne ; encore faut-il être prêt, sans doute, à faire des sacrifices personnels pour le bien commun. Bref, sortir de l’individualisme pour essayer de prétendre à l’intérêt général.

Quand la frustration l’emporte, fatalement, ceux qui parleront à nos bas instincts auront droit à une oreille plus bienveillante que ceux qui nous demandent de considérer la situation avec davantage d’objectivité. Ceux qui sont capables de dire à haute voix ce que nous ressassons dans un coin de notre tête, au mépris des faits, auront davantage droit à notre attention. Nous baisserons la garde face à ceux qui feignent de nous comprendre en nous donnant à entendre ce que nous voulons entendre, et c’est ainsi que le loup entre dans la bergerie…

Le loup dans la bergerie

Quoi qu’ils fassent, ils resteront des moutons

2. Les voleurs de temps

Car, de l’autre côté, qui donc exploite ce temps de cerveau indisponible gracieusement mis à disposition par les imbéciles ?

Les mensonges ne naissent pas par génération spontanée : ils ont un ou plusieurs auteurs ; quelqu’un, quelque part, doit les exprimer. Le véritable ingrédient ici est donc une ou plusieurs personnes proférant des mensonges, plutôt que les simples mensonges en eux-mêmes. Il y a des gens derrière tous ces mensonges, qui sont transparents ou non sur leurs intentions.

Qu’ils soient eux-mêmes de pauvres frustrés se cherchant un bouc émissaire pour ne pas trop s’attarder sur leur part de responsabilité (ou sur le fait que, simplement… c’est comme ça !), ou bien qu’ils aient des objectifs cachés beaucoup moins avouables (une seconde forme de frustration, vis-à-vis dans ce cas d’une réalité différente de celles qu’ils veulent voir advenir), ceux qui abreuvent l’espace public de mensonges et de contre-vérités ont toute l’apparence de voleurs de temps. Vampires d’énergie, ils contraignent les bonnes volontés à leur accorder plus d’importance qu’ils n’en méritent, simplement parce qu’ils ont infiniment besoin de cette attention pour exorciser leur frustration.

Ils sont la cause de tout ce temps que nous passons en débunking, en dénonciation de hoax et de désinformation. Un Jacques Grimault n’est qu’une source intarissable d’inepties à endiguer et d’affirmations à corriger. La loi de Brandolini établit l’asymétrie entre la quantité d’énergie nécessaire à réfuter le baratin et celle servant à en produire (voir son application dans le cas de Trump) ; le temps qu’on mette en avant les faits pour infirmer une déclaration mensongère, dix autres ont été émises…

Ton temps, c'est mon argent

Ton temps, c’est mon argent

Et les pyramidiots et autres “chercheurs de vérité” de s’étonner qu’aucun scientifique digne de ce nom ne s’intéresse à leur “travail” ! Non seulement ils ne jouent pas le jeu de la science, qui vise justement à définir une norme pour éviter de perdre du temps à analyser les élucubrations du premier hurluberlu venu (comme s’il devait être mis sur le même plan qu’un chercheur ayant consacré des années d’étude rigoureuse à se former de façon exhaustive dans une discipline !), mais ils inondent les chercheurs de tellement d’idées farfelues et de thèses contradictoires que la recherche financée par l’argent public a peut-être autre chose à faire, en effet, que de perdre son temps et son argent pour des gens qui ont simplement besoin d’attention.

Avant, quand l’idiot du village racontait des âneries, il était seul ; il n’avait pas beaucoup d’impact, et ne pouvait donc pas faire de tort à grand monde. Avec internet, les idiots de tous les pays ont pu s’unir : en se rendant compte que leurs idées absurdes étaient partagées par d’autres, ils ont pu prendre la confiance et se liguer en réseau. C’est un effet négatif d’internet : les imbécilités, tout comme les intelligences, ont pu se retrouver, et se rassembler pour faire masse. Même si, en termes relatifs, les imbéciles sont peu nombreux, même si leurs thèses sont statistiquement marginales (en proportion du nombre d’avis sur la question), une bonne utilisation du référencement et des réseaux sociaux peut leur permettre de donner l’illusion qu’ils représentent beaucoup de monde et, en biaisant ainsi nos heuristiques de disponibilité, faire accroire au citoyen lambda que leurs idées ont du poids.

3. La lutte continue

Donald Trump, au mieux, sera donc une horreur qui nous aura fait perdre beaucoup de temps (et au pire… mieux vaut ne pas y penser). Un immense gaspillage. Tellement de ressources et d’énergie vont devoir être consacrées à lutter contre les retours en arrière qu’il s’échine à vouloir enclencher. Comme tous ces acteurs de combats réactionnaires voués à l’échec (par exemple, l’opposition à une loi qui va dans le sens de l’histoire, qu’on le veuille ou non, comme par exemple le mariage pour tous), comme ces ex-présidents qui retentent leur chance pour prendre une revanche sur leur dernière défaite, il est des individus en mal d’attention qui ne trouvent leur salut que dans l’idée d’accaparer le temps et l’énergie des autres. Et, pour leur barrer la route, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre effectivement un peu (beaucoup) de notre temps.

Car ces derniers mois, et ceux à venir, nous montrent que nous ne devons pas leur abandonner le terrain. Il faut, malgré tout, continuer à dénoncer leur discours et saper leur action, non pas pour leur donner l’attention qu’ils réclament, mais pour éviter qu’ils n’entraînent d’autres personnes dans le chaos, dans le passé, et nous tous avec eux…

L'hiver nucléaire

L’hiver nucléaire

Il va nous falloir résister, et résister va prendre du temps. Du temps qu’on ne passera pas à construire, à créer, à faire des choses qui nous poussent vers le haut ; là, on va juste devoir passer du temps à empêcher des gens de nous tirer vers le bas. Soupir.

Conclusion

On n’aime pas particulièrement se retrouver dans la situation du “on vous l’avait bien dit”, mais… On vous l’avait bien dit. Pendant des années, on a eu droit aux sempiternels messages moralisateurs nous disant que les croyances infondées ne faisaient de mal à personne, que les doux dingues qui en étaient victimes étaient folkloriques après tout, que nous devions avoir l’esprit plus ouvert (“béant à toutes les sottises”, donc, dans l’expression consacrée).

Nous avons fait mine de ne pas voir que ceux-là mêmes qui nous assénaient cette opinion, qui appelaient à cette forme de tolérance universelle a priori, ne faisaient somme toute que prêcher pour leur paroisse ; il n’y avait jamais à gratter bien loin pour découvrir qu’eux-mêmes croyaient à l’astrologie ou au pouvoir de la lune, buvaient sans recul les paroles de leur psychanalyste (de comptoir), voire “ne voteraient jamais pour Marine mais, quand même, elle a pas toujours tort”…

Les mêmes nous diront aujourd’hui, comme ils le font tout le temps, qu’on ne peut pas tout mettre dans le même sac, que croire au magnétisme ou aux fantômes ne pousse pas nécessairement à soupçonner les laboratoires pharmaceutiques de cacher dans leurs labos le traitement anti-sida qu’ils ont forcément déjà mis au point, ou à voter pour le premier nazillon venu. Nous leur répéterons, une fois de plus, qu’ils confondent le fond et la forme, et que les sceptiques ne font que parler de MÉTHODE ; or, si, sur le plan de la méthode, accepter de croire quand on peut se permettre de savoir, quel que soit le sujet, c’est la même chose. Nous ne reprochons pas aux croyants de croire, nous leur reprochons de ne pas faire l’effort de savoir, alors qu’ils en ont les moyens. Et, oui, ce “savoir” inclut aussi ses propres limites : savoir implique justement d’avoir une idée, dans une large mesure, de ce qu’on ne sait pas.

Il faut donc continuer, sans relâche, à ausculter les théories de ceux qui disent savoir, mais n’apportent aucune preuve. Ne pas laisser les autorités auto-proclamées répandre un poison dont nous pouvons tous un jour, potentiellement, payer le prix. Continuer à dénoncer les mensonges. Continuer à enquêter sur ce qu’il se passe vraiment dans l’ombre, mais en se basant sur des faits (comme il n’y a pas de raison que les théories du complot aillent toujours dans le même sens, je vous invite à vous pencher sur l’histoire de la vente mystérieuse de 19% des parts de Rosneft, et de la mort d’un certain Oleg Erovinkin par une nuit de décembre – attention, ça fait peur…).

Laver plus blanc

Laver plus blanc

En 2016, le gang des perruques blondes (Boris Johnson, Donald Trump, Jacques Grimault…) aura gagné quelques victoires (bon ok, pas Grimault, qui serait finalement tombé sur plus filou que lui ?). Bien aidés en cela par leurs faux ennemis et vrais frères en extrémisme et en déni de la réalité que sont les radicaux religieux, les grands blonds avec des chaussures brunes auront marqué quelques points. Soit. En 2017, espérons que nous n’aurons pas droit à notre blondasse à nous…

Mais bon, bonne et heureuse année (du coq) quand même 🙂

Pour aller plus loin :

  • Lexique du Monde listant tous ces mots devenus malheureusement trop courants à l’ère de la post-vérité
  • Quelques chiffres sur le vote Trump
  • [MISE À JOUR du 03/02/2017 : le Decodex du Monde, une initiative intéressante, mais qui sera forcément critiquée, vu qu’elle ne renseigne pas suffisamment le lecteur, par exemple, sur les critères qui lui permettent de classer les sites d’information…]

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