29 Déc 2011

Citoyen vigilant

Publié à 19h07 par , et sous Histoires, images et symboles, Psychologie, Scepticisme et zététique

Lady Gaga est-elle une marionnette illuminati ? Vivons-nous sous la coupe d’une élite internationale adepte de l’occultisme ? La culture populaire est-elle traversée de symboles ésotériques, ou avons-nous tout simplement affaire à un nouvel effet cigogne ? Exerçons notre esprit critique pour mettre à l’épreuve la théorie du complot présentée la dernière fois.

Une théorie “conspirationniste” particulièrement documentée voit dans les médias et la culture populaire la manœuvre d’une élite illuminati pour endoctriner les masses. Selon les tenants de cette thèse, l’oligarchie met à profit les moyens de communication de masse, dont elle dispose à sa guise, pour faire passer messages et symboles :

  • des messages pour imposer ses vues et nous préparer au futur qu’elle nous prépare (la transformation des démocraties en des États policiers et militarisés, qui surveillent et contrôlent le nombre, la qualité et le comportement de leurs populations)
  • des symboles pour nous conditionner et nous manipuler, abreuvés que nous sommes d’images chargées de significations occultes (seulement compréhensibles par les “illuminés” versés dans les connaissances ésotériques) et de références cachées à la programmation-lavage de cerveau qu’ont physiquement subie les plus grandes stars (totalement instrumentalisées au bénéfice de l’élite)

Comme nous l’avons vu (billet à lire, sous peine d’être un peu perdus dans les théories et symboles présentés ici !), ces idées sont notamment défendues par le site Vigilant Citizen (VC), qui fournit nombre d’exemples de symbologie dissimulée – à l’en croire. C’est le moment d’activer notre esprit critique, en suivant le plan défini dans notre article sur l’effet cigogne.

Compas et piliers maçonniques, position des bras "as above so below" et peluches Hello Kitty : de quoi vous rendre gaga

1. Observe-t-on des corrélations ?

Le grand talent de VC, et dans la foulée le principal intérêt de consulter un site aussi décalé, tient à :

  • la description de symboles occultes : les sociétés secrètes confèrent un sens profond aux signes, formes et logos, des significations généralement inaccessible aux non-illuminés
  • leur recherche et leur mise en évidence dans la production culturelle : l’auteur produit de fascinantes analyses dans lesquelles il dissèque des vidéos de clips, des scènes ou des scénarios entiers de films, le déroulement d’émissions-phare de l’élite illuminati, ou même l’architecture d’édifices importants…

Cette approche, classique, pose néanmoins une difficulté : l’auteur est à la fois celui qui apporte les outils d’analyse (la connaissance sur la symbologie) et celui qui les applique (tandis que sur ce blog, par exemple, ces rôles sont répartis entre Dr Igor l’encyclopédiste et Mario la machine programmée). Pour suivre VC dans ses recherches de symboles cachés, il faut donc déjà accepter ses explications sur les sociétés occultes. Le propos du site le place dans une position délicate, et son auteur semble l’avoir perçu, qui nous a pondu deux plateformes-sœurs apportant des éléments pour nous permettre de nous faire notre propre idée sur ces points :

  • Secret Arcana : explication de la symbologie occulte (à la sauce VC)
  • Knowledge Files : collection de sources, textes hermétiques et documents de référence (librement téléchargeables)

Accordons à VC le bénéfice de l’autorité, en choisissant de le croire (avant tout par manque de temps pour nous plonger dans une telle masse d’écrits !). Qu’en est-il alors de la mise en valeur des symboles dans la culture populaire ? Un exemple serait utile. Voici donc sur quoi le Dr Igor est récemment tombé “par hasard” (hum hum…) :


Oui, c’est too much : trop de symbole tue le symbole

Datant de 1997, le clip (patchwork d’extraits du film Spice World des Girls du même nom) est trop vieux pour qu’on puisse soupçonner l’influence d’un site “à la VC” sur sa production ; or, tout y est. Détail des trouvailles par couleur et qualité de poil :

  • poil blond (Baby Spice) : sur une couverture à motif en damier, Emma, la plus jeune du groupe, la plus innocente, la plus pure, semble sur le point de dissocier, l’esprit entraîné dans un grand tourbillon déchiré d’éclairs (image des électro-chocs), tandis que valsent dans les airs peluche, poupée et téléphone (symbolique d’une conscience absente : “désolé, il n’y a plus personne au bout de la ligne”)
  • poil roux (Ginger Spice) : filmée en noir et blanc, Geri Haliwell a des faux airs de Marilyn Monroe, icône illuminati, prototype de la femme-enfant ultra-sexy
  • poil brun et frisé (Scary Spice) : Melanie B, pure sex kitten, avec ses petites oreilles de chatte et sa tenue féline, aime à se promener dans un décor militarisé, le corps bardé de munitions ; le message est clair : “faites l’amour comme la guerre”
  • poil brun, lisse et long (Posh Spice) : autre sex kitten (dans un style plus proche de Catwoman) pour ceux qui auraient loupé la première, Victoria Beckham la snob se déhanche dans une sorte de silo à missile (sûrement monté par des scientifiques transhumanistes, genre ex-nazis de la NASA) ; la fusée phallique est décorée d’un motif à damier (échiquier qu’on retrouvera encore au sol lors d’une scène de séance photo)
  • poil brun, lisse et long aussi, tiens (Sporty Spice) : a priori, pas grand-chose à dire sur cette Melanie C qui démontre son agressivité en tapant sur des Asiat’ au milieu des pigeons ; sauf qu’elle porte une robe rouge, la couleur du sacrifice et de l’initiation (l’attribut de la Femme écarlate, la Grande Prostituée, la putain de Babylone) : puisqu’elle est la moins aguicheuse et la plus sportive des 5 filles épicées, sans doute doit-elle être sacrifiée, ou du moins formée à l’art de la féminité exacerbée…

Quantité de clips affichent des éléments similaires, et peuvent être étudiés selon les mêmes thématiques. Nous engloberons tous ces détails (symboles, signes, formes…) sous l’expression de “Collection de symboles et de thèmes”. Tout dépend bien sûr de ce que cette Collection recouvre pour nous : il est plutôt délicat de mettre dans un même sac l’œil d’Horus, la tête de Baphomet, l’échiquier, la robe rouge, la sex kitten, le papillon ou le miroir brisé… Admettons cependant la prégnance d’une telle Collection sur la production artistique grand public.

2. Comment expliquer ces corrélations ?

La question qui nous importe se résume à :

Si on définit A : les éléments de la Collection appartiennent à une symbologie illuminati (ésotérime + contrôle mental),

et B : on retrouve des éléments de toute la Collection dans la production audiovisuelle grand public,

peut-on dire que A est la cause de B ?

Pour les défenseurs de la théorie présentée, oui, le lien de cause à effet est évident : non seulement A est vrai (cf. le site Secret Arcana) et B est vérifié (c’est le grand œuvre du site Vigilant Citizen que de nous en convaincre), mais en outre A est bel et bien la cause de B. En réalité, pour mieux comprendre cette thèse, il faut introduire deux propositions supplémentaires :

A1 : les moyens de production audiovisuelle et de diffusion de l’information appartiennent à l’élite illuminati

A2 : l’élite illuminati veut nous conditionner

Pour VC et ses adeptes, on a donc en fait :

B parce que (A et A1 et A2)

En admettant à la fois A et B (laissons A1 et A2 à part), pouvons-nous songer à des explications alternatives de la relation entre A et B ?

  • La co-occurrence de A et B est-elle une coïncidence ?

C’est-à-dire : est-ce un hasard si l’on aperçoit autant de papillons ou de têtes de Baphomet dans les clips (par exemple), ou sont-ils toujours la marque d’une référence à la programmation Monarque ou aux sociétés secrètes ?

Passe encore pour les papillons, image de beauté et de liberté virevoltante, mais la tête de bouc, franchement, il faut le vouloir pour ressortir exactement le même modèle que la gueule de Baphomet, et dans des emplacements aussi incongrus :

Beyoncé n'a besoin de personne en... Enfin si, manifestement, son alter ego Sasha Fierce se sent obligée d'exhiber Baphomet à la proue de sa mobylette

Le hasard a bon dos. Aussi, gardons en mémoire la façon dont est construit un vidéoclip, une prestation ou même une photographie d’artiste : à chaque fois, une poignée d’esprits créatifs ont dû se réunir pour accoucher d’une idée de mise en scène, puis la mettre en œuvre. Le résultat est rarement le fruit du hasard : réalisateurs, photographes, décorateurs, stylistes, maquilleurs, etc. concourent activement au produit final ; chacun apporte sa touche personnelle dans le domaine qui est le sien. Tous ces détails sont pensés et réfléchis, ne serait-ce que parce que les concevoir et les agencer coûte cher ! Certaines vidéos, à commencer par les clips d’une Lady Gaga, sont d’une redoutable richesse visuelle.

C’est pas comme si on envoyait juste Roger à l’épicerie du coin pour nous ramener des guirlandes et des confettis ; et ce n’est pas non plus comme si on ne faisait que se rabattre sur le même stock de costumes et d’accessoires qui sert pareillement à tous les artistes (genre “sacrebleu, c’est qu’elle m’a coûté cher, cette tête de bouc, va falloir que je l’amortisse maintenant, alors autant la caser dans tous les clips d’artistes décérébrés qui passeront sur ce plateau…”). Bien sûr, ça peut arriver, mais dans les proportions auxquelles nous avons affaire ?

Donc, non, les occurrences répétées de tant de symboles ne peuvent pas être simplement le fruit du hasard. Accordons au moins ceci aux conspirationnistes.

Et la chèvre, elle est montée là-haut toute seule, peut-être ?

  • B est-il la cause de A ?

Est-ce parce que les motifs à damier et les pyramides apparaissent si fréquemment dans les vidéoclips qu’ils ont été adoptés par les sociétés secrètes ?

Chronologiquement, c’est impossible : à en croire VC, tous ces symboles ésotériques étaient en place bien avant que Britney Spears ne commette sa première vidéo sans culotte. Et puis on ne voit pas très bien pourquoi les Illuminati auraient décidé d’adopter les codes graphiques de la culture populaire, de toute façon.

C’est moins net en ce qui concerne l’architecture. A mesure qu’elle se développait, la franc-maçonnerie a-t-elle pu ériger en symboles colonnes et pyramides précisément à cause de leur fréquence et de la signification qu’elles revêtaient déjà ? Il y a lieu de le croire : édifices construits pour atteindre les dieux, temples et mythe du bâtisseur ont dû largement contribuer à l’élaboration d’un bon storytelling franc-maçon…

Déjà les "colonnes d'Hercule" encadraient la route vers l'Atlantide, royaume de l'illumination. Depuis, d'autres illuminés ont abattu les deux tours...

En revanche, par-delà l’explication illuminati, on peut se demander si l’industrie culturelle d’aujourd’hui n’abuse pas des éléments de la Collection précisément parce que des sites comme VC fleurissent et prospèrent ! Ce serait donc en réaction à la multiplication des thèses conspirationnistes et des descriptions de la symbologie associée que les producteurs auraient décidé d’inclure ces éléments dans les films et vidéoclips. En partie pour se moquer de VC et lui donner raison (en apparence), en partie par manque d’idées et de créativité (au moins, ces symboles sont tout trouvés), en partie pour se conformer à une norme (tout le monde saura interpréter les signes comme il faut, maintenant qu’ils appartiennent visiblement à l’inconscient collectif). Alors la thèse de VC, dans un mouvement auto-réalisateur, aura créé la situation qu’elle entendait décrire.

  • A et B se renforcent-ils, chacun étant la cause de l’autre ?

Extension du point précédent : les sociétés secrètes ont nourri leur symbologie d’éléments existants, empruntés au monde qui les entourait ; en retour, ces symboles ont pénétré la production grand public (architecture, culture, etc.).

  • A et B ont-elles pour cause un même phénomène-source C ?

C’est ici que les choses deviennent tout à fait intéressantes. VC lui-même introduit l’expression de “réflexe archétypal” (dans cet article) : et si sociétés secrètes d’un côté et producteurs de vidéoclips de l’autre employaient les mêmes images pour ce qu’elles sont et ce qu’elles évoquent spécifiquement, pour leur résonance particulière, indépendamment de leur utilisation par des représentants de l’autre groupe ?

Portez votre regard sur le logo de notre bon Dr Igor, sur la droite de cette page : n’est-ce pas une pyramide que l’on observe là, assortie d’un Œil de la Providence, comme sur un vulgaire billet de 1 dollar ? Est-ce à dire que Dr Igor est franc-maçon ? Et Desillusions.fr une initiative Illuminati ? Peut-être, du reste, mais nous vous prions de considérer une autre explication : La Plume, en dessinant les logos, s’est inspirée d’un répertoire de symboles classiques. Dans le (plus ou moins) conscient collectif, quels objets illustrent le mieux la notion de connaissance ? Le livre, la bibliothèque et la pyramide… Symboliquement, la connaissance permet l’ascension vers les cieux, or la pyramide est cette forme qui rapproche l’homme des dieux. Pourquoi y avoir ajouté un globe oculaire ? Parce que Dr Igor est un cyclope. Ou plutôt un Encyclope, puisque nous voulions nous permettre un fin jeu de mots. Dr Igor est cette créature légendaire au savoir encyclopédique ; son œil unique lui permet de parcourir tous les ouvrages à sa portée, et de surveiller l’apparition de nouvelles théories.

Ou alors, c’est un franc-maçon. A vous de voir 😉

Jeu de mains, jeu de vilains

Si donc les “symboles illuminati” sont si présents dans les médias, c’est peut-être simplement parce qu’ils sont des symboles avant d’être illuminati. Leur charge symbolique est mise à profit par ceux qui les exploitent et les exhibent, qu’ils soient membres de sociétés occultes ou décorateurs de studios de production. L’échiquier représente la dualité avant d’être une récupération franc-maçonne. Les peluches borgnes et les poupées démembrées sont associées à l’innocence de la jeunesse avant de traduire le conditionnement mental. Les créateurs de l’industrie culturelle ne font que puiser dans un ensemble de mythes, d’archétypes, de signes et de symboles qui sont largement connus, admis, validés ; ils savent que les éléments tirés de ces collections atteindront le but visé, qu’il s’agisse d’exprimer un message ou de susciter une émotion.

Une sex kitten peut n’être rien d’autre qu’une nouvelle instance de l’archétype de la fille sexy à la grâce féline. En demandant à votre copine de mimer le comportement d’une chatte, vous savez que ce sera suffisant pour vous exciter, point (enfin, si c’est ça qui vous excite, hein, vous faites ce que vous voulez !). Et ça ne fait pas forcément de vous un manipulateur façon MK-ULTRA.

Désolé d’avance pour la douche froide, mais c’est une explication similaire qu’avance Wikipedia pour rendre compte du vidéoclip des Spice Girls mentionné plus haut. Attention à la désillusion : chacun des épices ne ferait que reproduire une scène du patrimoine cinématographique mondial.

The video features each Spice Girl in their own individual scene, inspired by their own movie fantasies. Melanie Brown is shown singing on top of a tank strapped with ammunition in an industrial post-apocalyptic war scene in a segment based on the film Mad Max. Emma Burton is shown in a bedroom dressed in white pyjamas while objects float around her on their own; her scene is based on Poltergeist. Melanie Chisholm is shown in a Chinatown, dressed in a red cheongsam and black pants with her hair in a long ponytail with red streaks; her scene is based upon Year of the Dragon. Geri Halliwell is featured in a black-and-white scene based on Rita Hayworth’s performance in Gilda [ah, c’est même pas Marilyn !]. She is shown performing on a smoky stage in a long, white sequined gown with a group of sailors dancing around her. Victoria Beckham is shown in a missile silo next to a smoking rocket, clad in a black catsuit and with a long ponytail; she is portraying Catwoman from Batman Returns.”

D’autres théories majeures peuvent être mobilisées ici, comme celle du monomythe. Quand VC nous sert une interprétation ésotérique de Pinocchio, il omet de préciser que, depuis Le Héros aux 1001 visages de Joseph Campbell, on soupçonne que toutes les histoires suivent la même structure. Or ce schéma universel dit du “voyage du Héros” traduit justement un cheminement initiatique : lorsque Pinocchio, guidé par une fée bleue, se retrouve finalement à affronter l’épreuve du ventre de la baleine, il a suivi le même parcours qu’un Frodon Sacquet qui, mené par un magicien, doit s’enfoncer dans les mines de la Moria – ou même que Jésus, conduit au désert par le Saint Esprit. Nous reviendrons en détail sur cette fascinante théorie, mais l’idée est là : on peut considérer que la structure narrative de toutes les histoires racontées suit une même trame, contant l’initiation d’un héros. Au moins depuis que Christopher Vogler s’en est inspiré pour produire un manuel à l’intention des scénaristes d’Hollywood, aujourd’hui largement usité, du Roi Lion à Avatar en passant par Matrix ! Même si la théorie n’avait pas initialement été vraie, elle aurait aujourd’hui créé sa propre réalité, elle aussi 😉

Un vieux monsieur tout seul, qui fabrique un enfant rien que pour lui, marionnette avec un nez qui s'allonge à la demande... L'explication illuminati est vite trouvée !

Symboles, histoires, archétypes… Un point commun ? Leur valeur métaphorique. Ce qui nous amène à nous interroger : et si les thèses conspirationnistes elles-mêmes n’étaient pas à prendre pour argent comptant, mais comme des métaphores servant d’outil de questionnement face au réel ? C’est ce qu’acceptent de concéder à un David Icke, par exemple, les plus affables des analystes sceptiques de la théorie reptiliennes : l’hypothèse de l’infiltration des reptiles humanoïdes dans les sphères du pouvoir n’est peut-être qu’une allégorie, dont on ne sait même pas si leurs auteurs y croient vraiment eux-mêmes.

If the reptilians and other astral manipulators did not exist, we would have to invent them. In fact we probably have. They are other levels of ourselves putting ourselves in our face. They are a level of our own infinite self, one of our realities, that we are being challenged to face and transform. If we hate them, we hate ourselves.

They are our shadow, that part of ourselves that we do not want to face, acknowledge, or admit to. While our shadow self is hidden from us, the reptilians will stay hidden and continue to covertly control. As we acknowledge it, so they will emerge and we will see what is going on. One is a reflection of the other. The more we deny our shadow side, the more the consequences will be placed before us because that’s the way the game works. The longer we stay in denial, the more powerful and challenging the consequences become. That is our choice. See it now or see it later. Because we are going to see it.”

David Icke, Children of the Matrix

Les reptiliens représenteraient ainsi… notre cerveau reptilien ! Celui de nos pulsions, de nos peurs primales, de notre égoïsme forcené, de notre agressivité primaire… Celui qui nous pousse à l’intolérance et au conflit. Celui qui nous détourne de la spiritualité et nous fait succomber au matérialisme. En nous appelant à repérer les reptiliens parmi nous, David Icke nous invite en réalité à nous méfier du reptilien en nous. C’est d’un pan entier de notre propre comportement dont il faut nous garder, en privilégiant le recours à la raison, pour éviter de succomber à ces cerveaux primitifs.

Avec Conan le barbare, y a pas de lézard !

Quid de la thèse des symboles occultes, alors ? De même, il n’est pas dit que nous devions prendre les théories illuminati à la lettre, pas plus que nous devons nous arrêter au sens littéral des explications données par les artistes, lorsqu’ils expliquent avoir dû “vendre leur âme” pour percer ou arriver au plus haut niveau. Ont-ils bel et bien signé un pacte avec le diable, ou est-ce juste une image ? Et lorsqu’ils avouent avoir dû consentir à des sacrifices, trahir leurs amis et leurs idéaux, avaler des couleuvres, se travestir et se prostituer ? Rituels ou métaphores ? (Bon, sur la prostitution, on peut avoir de sérieux doutes, d’accord…)

Quand des artistes jouent avec le thème du conditionnement mental, miment le fait d’être esclaves ou d’avoir accepté de forniquer avec Satan, il est tout à fait possible qu’ils le fassent volontairement, en connaissance de cause, et sans penser à mal. Non, ce n’est pas glorieux. Mais c’est une explication plausible, qui n’a pas besoin de supposer l’existence de complots et de secrets mal gardés.

Pour être tout à fait complet, il nous manque l’analyse de l’auteur de VC lui-même. Avouons-le : il a l’honnêteté d’admettre la possibilité des explications données ci-dessus. Ainsi, que pense-t-il réellement du lien entre A et B ? Il expose son opinion dans un intéressant entretien (sa seule intervention hors de ses propres sites, à notre connaissance), entrevue concédée au sympathique blog The Magical Buffet (site qui, entre autres, encourage à la pratique de la magie) :

“I believe there are two types of occult symbols: the “artistic” ones – emanating from a desire to express one’s reality through symbolism – and the “corporate” ones – which often come from elite secret societies. A true artist using symbolism in his/her art will be inspired by his/her surroundings and his/her inner being. Occult symbols are extremely powerful and are believed to be embedded in our subconscious so it is only normal for them to appear in artistic expression.

However, “corporate” occultism takes symbols from organized secret societies such as Freemasonry, or Illuminati and “plants” into mass media in order for them to become the norm. Confucius said “Symbols rule the world, not words nor laws”. In other words, you can recognize who is truly in power by identifying the symbols in popular culture. During the Middle Ages, almost all of popular art was religious and Christian. The Christian Church ruled the Western World.

Now, occult symbolism is increasingly apparent in popular art. Who rules the world? Occult secret societies.”

Alors, finalement, qu’en pensez-vous : est-ce que A cause B ? Est-ce l’inverse, est-ce tout autre chose ?

Les paragraphes précédents émanaient de réflexions personnelles, peu soutenues par des sources extérieures. Comment avons-nous pu nous y autoriser ? Comment avons-nous pu nous arroger ce droit d’asséner des commentaires tranchés sur ce qui nous passait sous le nez, en usant de notre seule raison (débridée), sans nous référer à rien, sans poser de questions à personne ? Comme la suite nous le montrera, nous n’avons fait qu’imiter en cela l’attitude de nombreux théoriciens du complot.

3. Attaques ad hominem : qui est derrière VC ?

A big part of this analysis is personal interpretation, based on research using esoteric documents who are studied by the occult elite. You might agree or not with my conclusions but I don’t really care. The ultimate goal is to encourage people to examine their surroundings and ask “why”…maybe even doing some research would be a bonus. If more people could take this step and actually be interested in what surrounds them, our society’s collective mind would be a little less driven by “dumb-ass” based philosophy. The rewards of this change would be incredible. Meanwhile, back to my Lady Gaga.”

C’est ce que l’auteur de la recherche sur de bien sinistres logos avoue en conclusion de son article publié sur Vigilant Citizen : oui, ses analyses résultent d’interprétations personnelles. Quel crédit leur accorder, si elles n’engagent que lui ? A-t-il au moins demandé des explications aux personnes concernées, a-t-il mené son enquête auprès des soi-disant Illuminati ?

La critique est souvent adressée aux conspirationnistes “de chambre” : ils ne feraient que se baser sur ce qu’ils trouvent sur internet, sans sortir de chez eux, sans se confronter au terrain, sans interviewer personne. Confortablement assis derrière leur écran d’ordinateur, ils nous proposeraient sans trop de filtrage le fruit de leurs élucubrations.


Soupe conspirationniste “fait maison”

(Emission consultable ici dans son intégralité pour les abonnées d’@rrêt sur images)

C’est ce qui fait la force de ces conjectures : chacun peut vérifier de chez soi les éléments mis en évidence par les enquêteurs en herbe (“attends, mais c’est vrai, regarde : il y a un papillon, là, en haut à droite de la photo !”) puis s’amuser à devenir lui-même un traqueur de reptiliens, s’il le souhaite, tout en restant bien à l’abri dans son salon. Mais la démocratisation de ces capacités d’investigation marque aussi la limite de cette approche, car quantité n’implique pas qualité : ce n’est pas parce qu’il y a eu recherche qu’il y a eu rigueur, exhaustivité et confrontation d’interprétations alternatives. En clair, on ne peut pas savoir a priori si le conspirationniste de salon a bien mené son travail journalistique (du reste, il y a lieu de se poser la question pour le premier journaliste venu, même d’un grand quotidien “de référence”…).

Alors qu’il suffirait de demander. Du moins, ce serait un premier pas pour réaliser une enquête solide. Une piste de travail pour ceux qui souhaiteraient véritablement tester la validité de la thèse illuminati : chaque fois qu’un symbole apparaît dans une production audiovisuelle (clip, film, émission…), demander aux producteurs, réalisateurs, décorateurs, stylistes, etc. pourquoi ils utilisent les éléments qu’ils utilisent. S’ils cherchent à exprimer un message, quel est-il ? S’ils cherchent à susciter une émotion, laquelle ? Ont-ils le sentiment d’avoir joué avec des archétypes ou des métaphores ? Ont-ils volontairement inclus des symboles ?

Ces vérifications ne sont pas souvent effectuées par les théoriciens du complot : quelle en est la raison ? On nous rétorquera peut-être que l’idée est naïve : les Illuminati se garderont bien de répondre, ou répondront à côté. Soit. Ceci dit, on pourrait déjà essayer, avant d’être aussi sûr de leur réponse.

A supposer que ce n’est pas la recherche (scientifique) de la vérité, quel autre motif pourrait animer le créateur d’un site comme VC ?

  • Motivation morale et religieuse : l’auteur se définit comme un “mystic Christian”. Ce n’est pas très bon signe : on sera tenté d’expliquer toutes ses attaques contre le satanisme rampant par une foi chrétienne particulièrement exacerbée. Si ce n’est lui, c’est donc ses frères : à lire les commentaires publiés sous les articles, une large part des fans du site n’ont que Dieu à la bouche. Il n’y a bien que de fervents croyants pour dénoncer la foi en Satan et l’influence du démon à tout bout de champ. De même, de nombreux indices témoignent du profond malaise subi par les adeptes du site dès lors qu’il est question d’orgies sexuelles et de comportements confinant à la pédophilie. Prompts à dénoncer débauche et luxure, les commentateurs s’avouent horrifiés dès que les enfants, images de pureté et d’innocence, sont associés au vice, ou présentés de telle sorte qu’ils puissent provoquer de bien coupables réactions. Moralité et pureté sont des valeurs plutôt associées à la droite, surtout l’extrême.
  • Motivation politique : dans la foulée, l’auteur dévoile son tropisme libertarien. On le sent davantage disposé à défendre liberté et responsabilité individuelles plutôt que collectivisme et partage des richesses (Ron Paul, icône libertarienne, est écouté). La contestation du nouvel ordre mondial repose sur le rejet d’un gouvernement centralisateur et redistributeur : “a big, fat, socialist world government”. Il y a un siècle, la figure de l’ “internationaliste” tant honni était nécessairement juive, puis vint le démon communiste. Aujourd’hui, l’attaque est plus raffinée ; est-ce la même ?

Rothschild : le péril reptilien

  • Motivation économique : sur sa page de présentation, le créateur du site narre son parcours ainsi : “My quest for knowledge led me to obtain a Bachelor’s degree in Communications and Politics in 2002. I’ve mainly studied the way power uses mass media to shape and mold attitudes of the general public. My education was perfect to hold a job in political marketing and PR, but did not satisfy my thirst for truth.” Marketing, relations publiques ? Un profil de communicant ? Non mais attendez, vous voulez dire que l’auteur s’est spécialisé dans la mise en forme de messages pour mieux vendre (que ce soit des idées ou des produits) ? “My goal is to bring out the meaning of these symbols in a clear, concise and entertaining way.” Mais alors, ça expliquerait peut-être pourquoi ce site contient tellement d’encarts publicitaires. Pourquoi il renvoie vers tant de produits commercialisés en ligne. Pourquoi il est construit de façon si propre, si claire et si professionnelle. Pourquoi il est si parfaitement connecté aux réseaux sociaux, aussi. Et pourquoi il a donné lieu à la création d’autres sites associés. VC est-il un pur produit marketing, qui surfe sur un sujet porteur en jouant d’un effet de mode ? Auquel cas, en vous incitant à parcourir son journal en ligne, son canard déchaîné, nous avons tout bonnement contribué à son objectif. Soupir…

D’où cette question majeure : au fond, le canard de VC vise-t-il à faire le ménage dans les faux sceptiques 😉 ?

(Note : un message publié ici affirme que le site est l’œuvre de marketeux d’une entreprise canadienne spécialisée dans le numérique. Bien sûr, ça expliquerait pas mal de choses, mais nous n’avons pas pu vérifier l’information. Et ni VC ni l’agence en question n’auront daigné répondre à nos questions !)

4. Dans quel monde vit-on ?

Au lieu de statuer sur la vérité des thèses présentées, il nous reste une autre approche à considérer : la négociation des croyances. Qui consiste, rappelons-le, à étudier les états du monde auxquels nous donnent accès l’éventail des croyances possibles, et décider de ce que nous accepterons de croire en conséquence. Dans quel monde vit-on lorsqu’on adhère à l’idée qu’une élite illuminati nous manipule par symboles et culture populaire interposés ?

D’abord, n’importe quel sujet peut devenir l’enjeu d’une analyse de symboles. Par exemple le sauvetage des 33 mineurs chiliens. Ah, c’est sûr, si on veut voir dans cette histoire des nombres 33 (hautement symboliques, paraît-il), on en verra partout… Tenez, parmi tous ces mineurs, il y en aura bien un dans le tas qui avait 33 ans. Sinon, la femme de l’un d’eux. Ou le frère. Nous sommes en Amérique latine : l’un d’eux s’appelait sûrement Jesus, qui comme chacun sait est mort à 33 ans. Un autre avait sans doute une voiture avec une plaque d’immatriculation contenant un 33. Etc. Et qu’une simple étoile à cinq branches, orientée avec une pointe vers le bas, soit tout de suite interprétée comme le signe de Lucifer, franchement…

Un autre symbole phallique à Paris, merci Delanoë !

Attendez, c’est que VC s’attaque même à notre Bertrand Delanoë national, tout cela à cause d’une bête pyramide… Y a-t-il vraiment un symbolisme caché ? Bon écoute, VC, si on te dit que le maire de Paris est gay et que la pyramide est un symbole phallique, ça te suffit pas ? Quid des Vélib’, alors ? Allez, j’attends ma théorie du complot Vélib’.

De même, fatalement, les adeptes du complot franc-maçon verront des Yeux de la Providence partout. Si chaque œil apparaissant sur un logo est soupçonné de tout voir, il faudra lancer une campagne pour purifier le monde de ces satanés opticiens… (Et s’arrêter au supermarché pour occire les mousquetaires de la distribution !)

C’est bien le problème des symboles : non seulement on peut les voir partout, mais en plus, avec le temps, ils deviennent surchargés de sens. Comment savoir précisément ce qui passait par la tête de celui qui l’a utilisé au moment où il a décidé d’y avoir recours ? Si La Plume décidait de tourner un clip dans lequel la chanteuse principale mangeait une pomme, comment l’analyseriez-vous ? Serait-ce l’image de la pomme avec laquelle le serpent (un reptilien !) a tenté Ève (bien que la Bible ne parle pas du tout d’une pomme, mais juste du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, soit dit en passant) ? Une pomme d’or du jardin des Hespérides ? Le fruit qui donna soi-disant à Newton l’idée de la gravité ? Le mets empoisonné offert à Blanche-Neige par la sorcière ? Faudrait-il forcément y voir un symbole, de toute façon ?

Un bon théoricien du complot doit anticiper les questions qu’on lui posera pour avoir réponse à tout. Ou essayer. Pourquoi, ces dernières années, a-t-on pu constater une profusion d’œuvres traitant du thème des sociétés occultes (des livres de Dan Brown aux films avec le personnage de Benjamin Gates) ? D’après VC :

“I believe an important change is taking place in the communication strategies of these elite societies. The advent of the digital age, where any individual can create and publish content has rendered the secrecy of such organizations impossible. Self-published websites, books, documentaries, DVDs and other medias have exposed many secrets of Masonry and other orders. Information which could only be found in rare and exclusive books is now a Google search away. […]

Since the digital switch is irreversible (and completed), occult orders have adapted their strategy to this new context (they’ve probably saw this coming years ago). The strategy is : “If they have to know about us, we’ll tell them what to know“. Through Hollywood and best-selling books, secret societies are being introduced to the average Joe but with one BIG condition: the public is given a distorted, caricatured and romantic portrayal of secret societies. We are introducing in pop culture a mythical lore around secret societies, associating them with fascinating symbols, treasures hunts and exotic adventures. The viewers believe they are actually learning facts about Freemasonry or the Illuminati and they leave the movies with a sense of wonder, fascination and admiration. Those feelings are however based on totally erroneous facts, dubious explanations and fairy tale story telling. After viewing those movies, the viewer has a positive predisposition concerning those orders and will be less inclined to believe and research conspiracies related to them.”

Les médias montrent une vision déformée des sociétés occultes ; c’est de la désinformation. Heureusement que VC est là, lui ! Mais alors, s’il dévoile enfin les secrets de l’élite, pourquoi le laisse-t-on agir ? Sert-il des intérêts cachés ? Pire : fait-il lui-même partie de l’élite illuminati ? C’est la thèse que certains défendent très sérieusement. Horreur ! Si même les dénonciateurs de complot finissent par être accusés d’en faire partie… On ne s’en sort plus.

"Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette Le premier qui rira sera une..."

Cette tendance des conspirationnistes à s’accuser entre eux illustre une motivation psychologique majeure de ces “illuminés” : l’esprit de supériorité. Cette idée que “je suis plus malin que toi, moi, je vois plus loin, moi, je me laisse pas avoir par les autres comme toi !” Chez les plus féroces, ce n’est plus la tendance grégaire à rechercher ses pairs qui va primer, mais au contraire l’idée de s’individualiser à outrance en apparaissant comme plus clairvoyant que son voisin. Se sentir plus intelligent que les autres est un bon moyen de sublimer un certain type de frustration.

Charles Tilly, rappelez-vous notre article, défendait l’idée qu’on aura d’autant plus envie de contester les explications données par notre interlocuteur qu’on rejette au départ la relation qui nous lie à lui. Chez les tenants de théories du complot, on peut souvent se demander si ce n’est pas la contestation de la relation même envers l’autorité qui légitime et provoque la contestation systématique des explications apportées par les dirigeants et les autorités, quelles qu’elles soient. Ce n’est pas le rapport sur le 11-Septembre qui est rejeté, ce n’est pas le détail de la thèse officielle, c’est bien plutôt le simple fait qu’elle soit une thèse “officielle”, émanant de gouvernants jugés illégitimes. On ne peut pas accepter d’être placés d’office en position d’infériorité par rapport à des dirigeants aussi immérités.

Il nous faut bien nous battre, montrer de la résistance sous une forme ou une autre, et l’une des seules armes qu’il nous reste pour contester le rapport de force est bien le refus ou le détournement de la parole du puissant. On ne va quand même pas donner ce qu’ils veulent (notre admiration aveugle) à tous ces artistes qui monopolisent indûment l’accès aux moyens de diffusion de masse !

Conclusion : alors, complot ou non ?

“I leave symbols to the symbol-minded”

George Carlin (sorte de Coluche américain, à qui l’on ne peut pas reprocher de ne pas avoir contesté l’ordre établi)

Nous ne savons pas, et nous garderons bien de conclure.

Deux hypothèses principales ont émergé pour expliquer la récurrence de thèmes et de symboles dans la culture populaire :

  • les messages cachés d’une élite illuminati
  • l’exploitation d’archétypes ancestraux et de symboles surchargés de signification

Par principe de parcimonie, on pourrait éliminer les plus complexes (le système de contrôle sur lequel reposerait un complot illuminati paraît délicat à mettre en place et maintenir). Mais on n’est pas obligé de se sentir tenus par le rasoir d’Ockham.

Comme la charge de la preuve est reportée sur les tenants des thèses conspirationnistes, il faudrait, pour plus de crédibilité, qu’ils consentent à faire un peu le ménage dans leurs rangs, par exemple :

  • en classant leurs idées selon différents niveaux de réalisme (tous les symboles “repérés” ne se valent pas)
  • en menant à bien leurs investigations pour interroger les individus concernés au premier chef et tester les hypothèses alternatives
  • en nous donnant des preuves qu’ils ne contesteront pas par défaut tout ce qui émanera de leurs gouvernants ou de la culture populaire

Quant à ceux qui ne croient pas, quel intérêt y a-t-il pour eux à consulter des sites comme celui du Vigilant Citizen ?

  • D’abord, rester vigilant ! Indépendamment des thèses conspirationnistes, certains articles contribuent à développer son esprit critique en encourageant à questionner le réel (voir notamment celui sur la désinformation)
  • Ensuite, se faire raconter de belles histoires, et en apprendre plus sur des sujets étonnants (bonne idée, de creuser la symbologie dans les logos et l’architecture !)
  • Et puis, bon, l’auteur nous aura au moins donné de bonnes raisons de voir Sucker Punch sans avoir l’impression de perdre notre temps ; rien que pour ça, il devrait en être félicité 🙂

Mais bon c’est dommage, car le site était quand même bien écrit, remarquablement construit et documenté. On aimerait presque pouvoir le croire sur tout.

Et ce d’autant plus que…

Un personnage bien connu était particulièrement au fait des éléments rapportés par VC.

Un individu suffisamment informé sur le sujet des sociétés secrètes, de l’ésotérisme et de l’occulte.

Un grand artiste missionné par l’élite, à qui il aurait été donné de voir le fonctionnement de cette oligarchie de l’intérieur.

Et qui avait accès à suffisamment de moyens de communication pour tenter de nous envoyer des messages codés.

Ce pourquoi il aura finalement été éliminé…

Bientôt sur ce blog.

 

Pour aller plus loin :

  • Entrée Wikipedia sur les théories du complot
  • Chouette site qui, entre autres choses, se propose de les dénoncer : Charlatans.info
  • Veille sur les théories du complot : Conspiracy Watch
  • Article du Slate américain sur la théorie Illuminati dans la culture populaire
  • Catalogue de symboles
  • Réflexion sur l’attrait des théories du complot
  • Article du Monde diplomatique sur le sentiment rationaliste qui peut animer les défenseurs de ces théories
  • Article d’Acrimed (inattendu mais bienvenu) décrivant comment la qualification mensongère de “théorie du complot” peut disqualifier un travail d’investigation honnête (mais contestataire)
  • Le sympathique Onnouscachetout.com : entre repaire de conspirationnistes et plate-forme pour l’expression libre et décomplexée de théories alternatives, attention, on y trouve à boire et à manger !
  • Liste récente des meilleurs sites conspirationnistes (en anglais)
  • De bons sites par chez nous : Secrète Base et Alter Info (qui traduit pas mal des articles de VC en français)
  • Et les Belges aussi ont leurs Illuminati, y a pas de raison !

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5 réactions à l'article « Citoyen vigilant »

  1. Luxum a écrit :

    Ce site est pour moi une très bonne surprise, les articles, tant sur la forme que sur le fond sont de bonnes qualités.

    En ce qui concerne les Illuminatis ou du moins la trace qu’une organisation secrète pourrait laisser dans notre quotidien, cette vidéo ( http://www.lesalondelamoto.com/ ) est pas mal du tout car blindée de symboles occultes on aperçoit brièvement mais très distinctement :

    -“l’oeil qui voit tout” au début de la vidéo.
    -Le Soleil noir chère au néonazis ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_noir_(symbole_occulte) )
    -“La Bête” biblique
    -Le diamant (apparemment symbole important pour les illuminatis car composé de 6 neutrons, protons et électrons.

    Je veux bien croire que des marques comme Alpha Roméo, Les mousquetaires ou Aol ne sont que des coïncidences ou expriment vraiment quelque chose de façon désintéressée et artistique. Mais une vidéo censée promouvoir le salon de la moto… je ne vois pas pourquoi les réalisateur dissimuleraient volontairement des signes parfaitement clair (ici il n’est vraiment pas question d’interprétation).

    Un autre truc qui fait rêver les illuministe c’est ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_Guidestones

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  2. Maître Lupin Maître Lupin a écrit :

    @Luxum

    Bonjour, et merci pour vos mots doux 🙂

    Chouette vidéo que celle du salon de la moto, mais il peut y avoir des explications assez simples à l’introduction de symboles “occultes”. Si je ne m’abuse, ceux que vous citez ne sont visibles que dans la première partie, dont l’esthétique semble largement inspirée de celle des tatouages. Or les tatouages usent et abusent de thèmes qui se veulent hautement subversifs, tabous, voire carrément satanistes : démons, dragons, squelettes et références au mal sont légion. Il faut que ça exprime la peur et le respect, que ça sente bon la puissance, la virilité. La testostérone !

    Pour moi, cette partie de la vidéo ne fait que jouer sur cette mythologie du “biker”. Je ne suis pas forcément familier de ce monde-là, mais ça ne me paraît pas très éloigné de l’ambiance Hell’s Angels qui plaît tant aux motards (par exemple, retournez voir la photo de Beyoncé en haut de cette page !).

    Par ailleurs, on ne peut pas non plus exclure l’hypothèse de la blague (hautement référentielle) de marketeurs en mal d’idées… Le problème, avec la prolifération des sites voyant des Illuminati partout, c’est qu’ils créent leur propre thèse : ceux qui sont chargés de produire des images se disent qu’ils vont inclure de plus en plus d’éléments “Illuminati”, comme un clin d’oeil, ou par manque d’imagination… C’est aussi le cas avec la culture geek, très à la mode. Regardez à ce titre la dernière partie de la vidéo : elle fait intervenir des soucoupes volantes, dont on ne voit pas vraiment le lien avec les motards !

    Dans tous les cas, une première approche serait de demander aux créa (ou autres pubeux) à l’origine du spot…

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  3. nox a écrit :

    bonjour.
    C’est sur que les symboles sont aujourd’hui partout et meme utilisé par des designers ala mode pour une pub du monde de la moto(…)
    Que l’on en voit de plus en plus partout des triangles maconniques et des tetes de chevre(..)
    Votre article est étoffé et assez documenté,dans des directions assez diverses(dans tous les sens?),c’est vrai.
    Il est certains de se demander ou est la véritée entre des kubrick,conan,ladygaga…mais je pense qu’il faut continuer de s’instruire et ne pas critiquer ceux qui essaient de nous faire se creuser la tete.
    Aujoiurdhui on a beaucoup d’infos et on peut en faire ce que l on en veut
    hier deux albums sur cassette ecout en boucle,aujourdui dixmill mp3 kon écout pas
    hier des gens abusés par les puissants poussés a faire une révolution
    aujourdui des millions de moutons se criiquant derriere les écrans,incultes et incapable de se révolter
    je penses que tous ces symboles appartiennent a tous mais malheureusement mm si on peut mnt tous les voir,peut on peut réellementt les comprendre?tout le monde ne veut pas s’instruire constemment et préfere criiquer ce qu’il ne comprend pas.bien sur que ceux qui dirigent restent les meme dans le temps.croyez vous q’une famille dirigeant des peuples pendant des décennies laisserait de nouveaux les déposséder?les noms changent mais quand on a le pouvoir(ou ce que l’on veut) on en veut toujours plus.cest humain.et sil on gardait tout le savoir aussi?quoi de mieux pour instaurer ce que l’on veut derriere.
    C’est triste mais que la magie,l’alchimie,la démonologie,médecine alternative…… existent ou que des clubs des hautes spheres en manque de sensation s’amuse a faire des orgies,manger des enfants controler notre esprit..pour le plaisir(?)il est certain que sans etre parano tout cela est lié.
    continuez de vous instruire et comprendre quels sont les gens qui ont uilisé ces logos emblemes ou symboles a travers les ages.voyez l’argent les banques,les cercles de pouvoir avec religion écrivains stars medias… et les memes personnalitées revenant constemment sur le devant de la scene. Aujourd’hui tout change vite et tout le monde peut apprendre.Mais avant?
    Voila,tout cela n’est a nouveau pas tres clair.Mais notre histoire non plus.Nous manquons certainement de lumieres?…
    audio video disco
    nox
    ps je viens de finir le livre jaune et ai lu récemment du d.ike ,ca va pas aider!
    faut que jme reprenne un livre de warhammer40000!

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  4. sev'gueks a écrit :

    jarrive pas a y croir c fou :O

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  5. AntibAbEl a écrit :

    bienvenue a babylone !

    secretebase.free.fr

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